Apili

J’ai envie de partager avec vous un projet qui me tient à cœur : Apili

livre pour apprendre la lecture en s'amusant

Apili est une méthode d’apprentissage de la lecture créée par Benjamin Stevens, orthophoniste installé à Soisson. En créant son livre son objectif était simple mais fort ambitieux : créer la meilleure méthode, c’est à dire la plus motivante et la plus efficace pour apprendre à lire, même pour les enfants en grande difficulté.

apprendre à lire

Benjamin Stevens exerce tout comme sa femme dans un cabinet de groupe de sa ville depuis 2002.

Pendant toutes ces années il a été amené à prendre en charge des enfants parfois complètement démotivés par l’apprentissage de la lecture. Pour eux il a utilisé et imaginé toutes sortes de supports et d’activité ludiques avec parfois des résultats en demi-teinte. Tout à commencé à changer quand il a eu un déclic comme il le raconte lui-même :

«  Pour aider les enfants dyslexiques, j’ai toujours utilisé différentes techniques comme les gestes de Borel, l’imprégnation syllabique, quelques jeux spécifiques… Cela fonctionnait plus ou moins bien, mais je n’étais jamais complètement satisfait. Certains enfants étaient toujours très démotivés et progressaient peu. J’imagine que, comme moi, il vous arrive de ressentir que certaines prises en charge n’avancent pas. Les semaines défilent et certains de nos jeunes patients semblent faire du surplace.
C’est ce que je ressentais lorsque j’ai commencé à utiliser l’humour pour motiver les enfants. Pour moi, cela fût une véritable révélation. A l’époque, je n’avais même pas d’ordinateur dans mon bureau, j’écrivais les phrases à la main. Très vite, j’ai remarqué que les enfants, ayant tellement envie de découvrir ce que j’allais leur faire lire, essayaient de lire à l’envers ce que j’étais en train d’écrire. Ces mêmes enfants, quelques semaines plus tôt, ne montraient absolument aucun intérêt pour la lecture. »

À partir de ce moment il a toujours utilisé l’humour pour aider les enfants dans leur apprentissage, avec des résultats à la hauteur de ses espérances.

C’est ainsi qu’il a commencé à développer sa propre méthode syllabique. Il a lu de nombreux ouvrages sur l’apprentissage de la lecture et des travaux de recherche en neuropsychologie (notamment ceux de Stanislas Denhaene qui l’ont marqué). Il a observé ce qui fonctionnait et fonctionnait moins bien et a passé de très nombreuses heures à développer sa méthode.

Cette méthode, sa femme et lui l’ont testée pendant quelque années avec leurs patients. Il l’a peaufinée en même temps qu’il prenait connaissance d’études portant sur l’humour et les apprentissages dont les conclusions étaient fort enthousiasmantes : L’humour a des vertus extraordinaires ! Il diminue le stress, améliore le niveau d’attention, la mémorisation, la sociabilisation,  la curiosité, la communication et bien entendu la motivation !

Motivé justement, il décida de professionnaliser sa méthode. Il se mit en quête d’une graphiste, qu’il trouva en la personne de Frédérique Hérin puis d’un illustrateur…

Lorsque Benjamin Stevens me contacte pour me proposer Apili je suis vite séduit par sa démarche. Je reçois fréquemment des demandes de particuliers (entendez par là ni une agence de communication ni une maison d’édition) et si les gens ont souvent de beaux projets ils ont plus rarement conscience des réalités de mon métier, ce qui fait que peu aboutissent sur une collaboration. Je comprends vite que Benjamin a très bien étudié son projet et sa motivation est communicative.

Surtout, c’est tout à fait le genre de travaux dont j’avais besoin. Un peu blasé par mon beau métier pour tout un tas de raison, j’étais heureux de pouvoir produire des images pour un projet qui ai vraiment du sens. Nous vivons dans une société noyée sous un flot ininterrompu d’images et en tant que professionnel de l’image je contribue à cette pollution. Savoir que les images que je produit ont une réelle utilité – ici aider des lecteurs en devenir dans leur apprentissage – est une source de réjouissance pour moi.

Bref après quelques échanges, à trois dans un premier temps avec mon super agent Patricia Lucas, nous nous mettons d’accord avec Benjamin et après avoir terminés mes commandes en cours j’entame Apili !

Le projet est assez conséquent : la méthode comporte 500 phrases et je dois en illustrer 150, créer les personnages qui les feront vivre ainsi qu’une petite mascotte, des visuels de bouches pour modéliser les sons et quelques bricoles.

Tout d’abord je commence par créer les personnages : Benjamin en a inventé 10 : 3 filles, 3 garçons, 2 femmes et 2 hommes. J’ai juste des prénoms et carte blanche pour leur donner une apparence. Ça tombe bien, j’adore créer des personnages.

Pour les 150 phrases à illustrer là aussi j’ai une grande liberté : Benjamin me laisse choisir celles qui m’inspirent le plus dans les 500 et je les mets en scène à ma sauce. Cette liberté me laisse le loisir d’exprimer au mieux ma créativité et je me laisse guider par mon inspiration. Cette façon de procéder permet vraiment à nos deux univers de se rencontrer, j’ai plaisir à rebondir sur les phrases qu’il a créé.

Il faut ensuite créer des bouches qui symbolisent l’articulation que la graphiste va ensuite associer au son que font les lettres. C’est un travail qui demande de la rigueur et de la précision. Benjamin m’envoie en référence des photos de sa fille qui prend la pose et nous avançons petit à petit pour arriver (j’espère) à un bon résultat.

illustration de bouches

Pendant que je crée de nouvelles images Benjamin commence à tester les premières dans son cabinet avec ses jeunes patients, les retours que j’ai d’enfants amusés et motivés me stimulent moi-même dans ma tâche.

Une petite mascotte vient en renfort des bouches pour mimer le son produit par les lettres.

mascotte orthophoniste

Je passe du temps à imaginer un personnage avec une grande bouche et des mains bien visibles. Après m’être perdu dans différentes pistes que j’abandonne j’imagine une petite bestiole à l’apparence de grenouille. L’idée plait à Benjamin, Apili a trouvé sa mascotte !

Une fois les derniers visuel créés, notamment ceux de la couverture, il n’y a pour moi plus qu’à patienter jusqu’à la sortie du livre. Frédérique Hérin finit de mettre le livre en page et quelques mois plus tard le livre tout chaud sort de l’imprimerie Graphius située en Belgique.

C’est un vrai plaisir de recevoir ses exemplaires d’auteur, le livre a été imprimé sur un papier de qualité. En général il se passe peu de temps entre le moment où j’achève une illustration et le moment où je commence à la détester, ne voyant plus que ses défauts. En feuilletant le livre je me rend donc compte de tout ce que j’aurai pu mieux faire mais je me dis aussi que la rencontre de nos deux univers fonctionne bien, c’est harmonieux ! Le livre est un bel objet ludique, il dégage quelque chose de positif et d’enthousiasmant, je suis heureux du résultat.

Ce qui fait encore bien plus plaisir c’est l’accueil très enthousiaste du public d’Apili : dès sa sortie arrivent les premiers témoignages d’orthophonistes, d’enseignants et de parents conquis par la méthode de Benjamin. Je prends conscience du formidable outil qu’il a créé, cette méthode fonctionne et aide déjà très concrètement de nombreux enfants ! Les commentaires élogieux se multiplient et donnent le sourire, certains témoignages sont particulièrement touchants. Tout cela est fort gratifiant et à ce moment-là je me sens vraiment utile dans mon travail.

On peut dire que Apili est un vrai succès, le premier tirage s’est rapidement écoulé, le second bien entamé et le troisième est déjà en préparation !

Le projet de Benjamin Stevens qui se consacre désormais pleinement à Apili ne s’arrête pas là, la méthode va vivre sur différents supports. Mon travail est loin d’être terminé car je débute une nouvelle série d’illustrations. L’aventure Apili ne fais sans doute que commencer !

illustration de nuages

Pour plus de renseignements rendez-vous sur le site Apili où vous pourrez également acheter la méthode.

Je vous invite également à suivre la page facebook d’Apili.

Bon apprentissage à tous les futurs lecteurs et merci pour les chouettes témoignages de leurs encadrants 🙂